les nègres
On retrouvera l’un des auteurs fétiches de l’Athénée, Genet, sur ce plateau qui a vu ces dernières saisons des mises en scène inoubliables des
Bonnes, du
Balcon et du
Bagne. Rien ne semble mieux convenir à cet auteur que cette salle à l’italienne, ses ors et velours cramoisis et le sourire mystérieux de ses cariatides d’opérette! Ainsi, son écriture brûlante et ses jeux de mise en abyme et de faux-semblants y résonneront à nouveau cette saison avec
Les Nègres, dans laquelle treize comédiens, réunis dans un lieu clandestin, jouent à la tragédie classique. Devant une cour de masques, assis là pour les juger, ils répètent dans une fureur carnavalesque “Le meurtre de la blanche”. Ce simulacre grotesque mêle cérémonie et improvisation pour nous perdre dans un jeu de miroirs sans fin, un labyrinthe complexe, énigmatique, et au final, expiatoire. C’est bien sûr l’esthétique de Genet, picturale, baroque qui a attiré la jeune Cristèle Alves Meira –elle travaille à un théâtre visuel avec sa troupe– mais aussi et avant tout la question du masque et de l’identité, celle de la différence, des différences, des apparences et des préjugés. Qui sont ces Nègres, demande-t-elle ?
durée du spectacle : 1h30 sans entracte
Jean Genet
Entre l’Athénée et Genet, c’est une longue histoire. Jouvet a très vite souhaité rencontrer ce poète auréolé de scandale et a créé
Les Bonnes en 1947, l’année suivante de sa composition. L’Athénée fut donc l’un des premiers théâtres français à faire entendre ses textes.
Cette saison, nous plongerons à nouveau dans ce doux et sulfureux univers, celui du simulacre, de la cérémonie et du miroir cher à Genet avec
Les Nègres.
Cristèle Alves Meira
Autodidacte, Cristèle Alves Meira n’a pas voulu suivre une formation continue, mais a préféré multiplier les stages, les cours et les assistanats à la mise en scène (Jorge Silva Melo à Lisbonne, Thierry de Peretti et Arnaud Meunier à Paris) pour enrichir, libérer et diversifier ses expériences. Avant
Les Nègres, elle a monté, avec sa Compagnie Arts-en-Sac,
La Marelle et l’oubli, montage de paroles de détenus,
À qui perd gagne de Grumberg, et
L’Inattendu de Melquiot.